jeudi 18 septembre 2008

Exercice de méthodologie : explication (assistée) d'un texte de Blaise Pascal (le "roseau pensant")



    " Ce n'est point de l'espace que je dois chercher ma dignité, mais c'est du règlement de ma pensée. Je n'aurai point d’avantage en possédant des terres. Par l'espace, l'univers me comprend et m'engloutit comme un point ; par la pensée, je le comprends.
    La grandeur de l’homme est grande en ce qu’il se connaît misérable ; un arbre ne se connaît pas misérable.
    C’est donc être misérable que de se connaître misérable, mais c’est être grand que de connaître qu’on est misérable.
    L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser ; une vapeur, une goutte d'eau, suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, puisqu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui, l'univers n'en sait rien.
    Toute notre dignité consiste donc en la pensée. C'est de là qu'il faut nous relever et non de l'espace et de la durée, que nous ne saurions remplir. Travaillons donc à bien penser : voilà le principe de la morale. "

Blaise PASCAL (1670, Pensées)


Conseils généraux (rappel)


- Lire la méthodologie.
- Dans l’esprit, l’explication de texte est une dissertation, c’est-à-dire qu’elle consiste à traiter un problème philosophique… à l’occasion d’un texte et non plus seulement d’un énoncé en forme de question (« dissertation »). Dans la forme, il faut néanmoins expliquer le texte en entier et de manière ordonnée.
- Le plan : en 2 ou 3 parties (éventuellement 4, rarement). Le plan de l’explication épouse le plan du texte. MAIS le plan du texte n’est pas toujours « visible » ou explicite, il peut être implicite seulement dans la mesure où les arguments du texte peuvent  être enchevêtrés (c’est le cas ici) ou bien parce que l’auteur se répète plus ou moins volontairement (idem). Parfois, il faut donc « reconstruire » le plan du texte, de sorte que l’explication ne sera pas strictement, pas forcément en tout cas, linéaire. Il vaut toujours mieux faire apparaître la logique profonde d’un texte, de son argumentation, plutôt que de suivre aveuglément l’ordre linéaire.


Consigne : remplir les espaces laissés vides (…)


L’introduction


- 1er paragraphe : présenter le texte
Auteur, œuvre, siècle : …
Contexte : comme d’autres philosophes de son temps (Descartes par ex.), Pascal s’attache à définir et à valoriser l’homme en tant qu’être pensant. Il y a une sorte d’ « héroïsme de la pensée » en ce 17 è siècle.
Thème précis (de quoi traite le texte, un mot ou une expression courte) : …
Champ thématique (thème élargi : chercher et indiquer les autres notions importantes du texte, de manière à pouvoir repérer la thèse et le problème) : …
La thèse (l’idée principale, que dit l’auteur « à propos » du thème : une ou deux phrases) : …

- 2è paragraphe : le problème, la problématique
Quelle est la question « implicite » à la quelle répond la thèse ? Il faut développer cette question (= problématique) : L’auteur cherche donc à résoudre un paradoxe, à savoir le statut ambigu de l’être humain dans l’univers. Comment et pourquoi l’homme peut-il être à la fois grand et misérable ? Quelle est sa particularité profonde ? Plus précisément : si la grandeur de l‘homme est de penser, quelle sera sa « dignité »  et sa priorité de chaque instant ? En quoi doit consister sa morale ?

- 3è paragraphe : annoncer le plan de l’explication (= le plan du texte = la plan de l’argumentation)
Ici, il faut regrouper les arguments, tellement le texte se répète. Par exemple, il est clair que les 2 premières lignes rejoignent, presque mot pour mot, les 2 dernières.
> Le plan est annoncé par les titres de parties ci-dessous. Dans le cadre de cet exercice, vous n’écrivez donc rien. Mais sur votre copie, vous ne devrez pas indiquer les titres sur votre copie mais bien annoncer le plan, ici, en fin d’introduction.


Développement


1) La place paradoxale de l’être pensant dans l’Univers (lignes 2-3, 6-7)

- univers / espace : …

- l’univers comprend l’homme : …

- « l’espace et la durée que nous ne saurions remplir » (faire apparaître l’idée d’Infini) (ligne 9): …

- pensée / roseau pensant (sens de la métaphore) : …

- l’homme comprend l’univers : …


2) La grandeur de savoir qu’on est misérable (lignes 4, 5, 8)
- misère (arrière plan religieux) : …

- grandeur / noblesse …

- nuance entre « se connaître misérable » et « connaître qu’on est misérable » : …

- comparer : « il sait qu’il meurt » / « l’univers l’en sait rien » : …

- Expliquer la source spirituelle (religieuse, chrétienne) de cette manière de voir, peut-être discutable (courber l’échine = être grand !) : …


3) Le vrai principe de la morale (lignes 1, 9-10)

- dignité : …

- morale (repérer une ambiguïté possible, entre « vraie » et « fausse » morale :

- distinguer : penser, bien penser, travailler à bien penser : …

- amorcer une réflexion : comparer avec l’idéal de la société techno-scientifique moderne : …


Conclusion 
- rappeler le problème et la thèse
- récapituler la progression de l’argumentation (la logique du texte)

- quels sont les points qui mériteraient d’être discutés ?