samedi 6 décembre 2008

La vie psychique se limite t-elle à la conscience ? (Introduction)


Corrigé – Introduction détaillée et rappels méthodologiques

Généralement, l'introduction d'une dissertation de philosophie consiste à découvrir, formuler et ordonner une problématique.

1è étape : pourquoi se poser cette question ?

> rappel de la doxa (opinion commune)
On croit spontanément "savoir" ce que l'on pense : c'est la définition même de la conscience.
> faire état immédiatement d'une difficulté, un paradoxe ou une contradiction
Pourtant il nous arrive aussi d'avouer toute sorte de troubles, comme "je ne sais pas ce qui m'est passé par la tête!" Ce qui semble attester l'existence de pensées inconscientes ou au moins involontaires.
> rappeler en toutes lettres la question du sujet
C'est pourquoi il est bien légitime de se demander si la vie psychique se limite à la conscience.



2è étape : que signifie cette question, quel est le problème ?

> analyser les termes de la question (bien saisir les nuances, car le "problème" provient partiellement de ces différences, voire de ces oppositions sémantiques)
La "vie psychique". Cela désigne l'"âme" au sens courant, c'est-à-dire l'ensemble de la vie intérieure. A cet égard, le mot "vie" apporte l'idée d'une continuité, d'une somme d'expériences intérieures et personnelles, mouvantes, dynamique.
La "conscience" est la représentation de soi-même par la pensée. Pour certains, c'est la pensée même en tant qu'elle rime avec "connaissance".
Une "limite" est une borne, une manière de restreindre l'extension d'une chose ou d'un domaine. Mais "se limiter à" signifie aussi "se réduire à", "s'identifier à".
> reformuler la question (clarification)
Donc la vie psychique et la conscience sont-elles une seule et même réalité ?
> énoncé du problème (vous reformulez le paradoxe initial sous la forme d'une contradiction théorique : deux thèses s'opposent)
Faut-il admettre que seule la pensée conscience possède une réalité psychique ? Comment parler de quelque chose dont on ne pourrait prendre conscience ? Ou au contraire faut-il étendre la vie psychique à des formes de pensée inconscientes ? Dans ce cas, l'inconscient psychique serait-il une face obscure et comme oubliée de la conscience, ou bien une toute autre face, spécifique et autonome, de notre personnalité ?

3è étape : comment traiter ce problème et trouver une solution (= annonce du plan du développement). En fait, c'est la suite – étendue et ordonnée - de la problématique.

> la 1è partie n'est bien souvent qu'une version philosophique et rationnelle de la doxa.
Quelle est la valeur de la thèse cartésienne selon laquelle pensée = conscience ? Pourquoi semble-elle si évidente ?
> la 2è partie est l'anti-thèse ou l'objection.
D'un autre côté, qu'est-ce qui peut faire douter ce Moi conscient, sinon toutes ces manifestations ou symptômes qui l'affectent et qu'il ne semble pas comprendre ? Quelle est la part respective de ce qui est oublié, mais bien présent, dans le psychisme (subconscient) et de ce qui est inconscient (refoulé) ? Quelle est la vraie nature du conflit psychique ?
> la 3è partie permet, non pas de concilier vaguement les deux thèses précédentes, mais d'apporter une solution décisive
Ne faut-il pas, dans tous les cas, redonner à la conscience la place qui lui revient ? Quelle est sa fonction ? N'est-elle pas précisément une limite, à la périphérie du psychisme, une zone de contact entre la réalité et l'intériorité?

(Conclusion anticipée, hors introduction : ce n'est pas la vie psychique qui se limite à la conscience (sa réalité est bien plus vaste), c'est la conscience qui se pose et qui fonctionne comme limite du psychisme.)