Aristote, La Métaphysique (Vrin, 1986, trad. J. Tricot)
ACCIDENT
D.30. - Accident se dit de ce qui appartient à un être et peut en être affirmé avec vérité, mais n’est pourtant ni nécessaire ni constant : par exemple, si, en creusant une fosse pour planter un arbre, on trouve un trésor. - tout attribut qui appartient à un sujet, mais non parce que le sujet était précisément ce sujet, ou le temps, ce temps, ou le lieu, ce lieu, cet attribut sera un accident.
E.2. - L’ETRE par accident n’est jamais objet de spéculation. [en effet les accidents sont en nombre infini, sans loi, hors du “toujours” et du “plus souvent”] - il n’y a pas de science de l’accident, car l’accident n’a, en quelque sorte, qu’une existence nominale. Platon, en un sens, n’avait donc pas tort de ranger l’objet de la Sophistique dans le Non-Etre. Les arguments des Sophistes, en effet, ont rapport, pour ainsi dire, principalement, à l’accident. - pour tous les êtres qui existent d’une autre façon, il y a génération et corruption, tandis que pour les êtres par accident, cela n’a pas lieu. [les accidents naissent et meurent instantanément. Il en est de même pour leurs causes. [Tricot : Un effet accidentel est dû à une rencontre fortuite de causes indépendantes entre elles et qui, à considérer leur nature, n’étaient pas ordonnées à concourir de cette façon. - Aristote ne fait pas mention de la CAUSE formelle, et c’est avec raison, puisque l’accident est justement ce qui ne découle pas de l’essence. L’accident ne peut se rapporter qu’à la cause efficiente, car l’évènement doit prendre place dans le temps. [“si” ceci ou cela se produit : prop. conditionnelle : Stoïciens?] ].