samedi 20 septembre 2014

La Philosophie en Terminale I - L’organisation du travail


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Avertissement : les précisons données ci-dessous quant à l'organisation du cours de philosophie ne font que refléter la pratique personnelle d'un professeur exerçant ce métier depuis plus de vingt ans, elles ne constituent en aucun cas une "règle" générale, elles ne s'apparentent pas – faut-il le préciser ? à des "conseils" distribués aux collègues enseignants et encore moins elles ne se substituent (!) aux Recommandations émanant des Inspecteurs pédagogiques. Elles ne s'adressent qu'à nos élèves et il n'y a d'autre raison de les publier – ceci vaut pour tous les cours et documents mis en ligne sur ce blog – que de permettre aux élèves d'en disposer dans une version plus longue et en quelque sorte "standard ", afin de compléter leurs propres notes (qu'il ne s'agit absolument pas de nier dans leur singularité d'ailleurs, tant il est essentiel pour l'élève de s'approprier personnellement le cours du professeur).


1.0.0. - Le travail en classe

1.1.0. - Les leçons

1.1.1. - Fréquence : environ ⅔ du volume horaire (variable selon les séries)

1.1.2. - La leçon, définition : une leçon (de philosophie) correspond au traitement d’une question en rapport avec une ou plusieurs notions du programme (cf. infra). Le programme complet se divise en parties, et chaque partie en différents chapitres. Ce sont ces chapitres qui forment les différentes leçons. Plusieurs séquences (entre 4h et 8h) sont nécessaires pour couvrir une leçon. Dans la mesure du possible, nous faisons en sorte de traiter une partie (ou sous-partie) cohérente de la leçon lors de chaque séquence (une question par séquence). (Voir annexe infra : quelle est la particularité d’une leçon de philosophie ?)

1.1.3. - Le déroulement d’une séquence de leçon. 1) Il est possible de commencer par visionner un document (photographie, extrait de film, reportage, etc.) en guise d’approche du sujet, suivi d’une brève discussion. 2) Clarification du vocabulaire et formulation de la question : de quoi va t'on parler exactement ? quel est le problème ? 3) On envisage ensuite les théories philosophiques traitant cette question en s’appuyant sur la lecture d’un ou plusieurs textes d’auteurs (textes distribués lors de la séance précédente, donc déjà lus par les élèves, puis expliqués en classe, résumés et collés dans le cahier au fur et à mesure), 4) Rédaction d’une synthèse écrite rendant compte du traitement de la question. Puis passage à la suite de la leçon...


Le déroulement d’une séquence de leçon

1.1.4. - Le support matériel de la leçonla parole et l’écrit - pour l'essentiel –, l'image (photos, schémas, cartes heuristiques) et la vidéo quand cela est matériellement possible. La leçon est un “genre” où, classiquement, le professeur tient un discours oral en d'adressant aux élèves tout en les sollicitant, soit pour les interroger soit pour les inciter à débattre (brièvement) sur une question précise. L’écrit est aussi incontournable puisqu'il s’agit pour l'élève, d'abord de lire certains documents, puis de tenir un cahier/classeur où les leçons sont notées proprement et les textes collés. Pour le professeur, le tableau sert à noter un plan de cours aussi détaillé que possible, mais aussi schémas, références, etc.

1.1.5. - Le manuel : à chaque professeur ou chaque équipe pédagogique de voir… De toute façon, avec ou sans manuel, des textes de référence sont sélectionnés par le professeur. Il est utile également de se procurer un dictionnaire des notions et des auteurs, comme par exemple La pratique de la philosophie de A à Z, Collectif, Ed. Hatier. Il existe aussi de nombreux sites internet dédiés à l’apprentissage de la philosophie.

1.1.6. – L'évaluation liée au cours1. Ecrit : un ou plusieurs contrôles de connaissance, sous la forme de questions brèves, sont prévus chaque trimestre pour vérifier le bon apprentissage des leçons. Leur coefficient est de 1. 2. Oral.  Le cours donne lieu à une note d'oral chaque trimestre (également coefficientée 1) : celle-ci se subdivise en une note sur 10 pour la fréquence et la qualité des interventions orales (capacité de l'élève à répondre, à questionner ou à discuter correctement pendant la leçon, mais aussi sa capacité à répondre aux questions qui seront posées systématiquement en début de séquence à propos de la séquence précédente (c'est pourquoi il y a intérêt à relire sa leçon et les textes distribués), et une note sur 10 sanctionnant l'attitude et la concentration en classe. Exemple 1 : l'élève effacé qu'"on n'entend jamais" (aucune participation audible malgré une attitude irréprochable, voire une concentration visible) obtiendra 0/10 (participation) + 10/10 (attitude, concentration) = 10/20. Exemple 2 : l'élève occasionnellement bavard ("perturbateur" involontaire mais non "provocateur" volontaire) mais qui répond aussi de temps en temps aux questions obtiendra, par exemple : 5/10 + 5/10 = 10/20.

1.2.0. - Les travaux dirigés

1.2.1. - Fréquence : environ ⅓ du volume horaire

Faire une recherche en philo
1.2.2. - Travaux dirigés ? Il s’agit d’exercices d’approfondissement et de prolongement du cours (autour de questionnaires, textes ou documents divers), parfois de séances pratiques de méthodologie (pour la dissertation et l’explication de texte), ou encore de travaux de recherche beaucoup plus libres (fiches de synthèse, exposés, etc.). Enumérons : - analyse et explication de textes (définir les notions en jeu, identifier et formuler le problème d'un texte, restituer les étapes de son argumentation…) ; - questionnaires stimulant la réflexion autour d'une problématique abordée en cours ; - synthèses de documents ou exposés oraux autour d’une problématique ;  - dégager la dimension philosophique d'une narration filmique ; - entraînements divers à la dissertation : analyse d'un sujet, construction d'une problématique ou d'un plan, etc. ; - construction et régulation d'une discussion orale ; - enfin nous gardons un œil sur l'actualité sociale et politique, nationale et internationale (débats et exposé au menu).

1.2.3. - Modalité : un travail de groupe. Les TD s’effectuent en effet au sein de groupes formés de 3 ou 4 élèves. Ces groupes sont en principe formés pour l’année, mais il est possible de changer assez rapidement si cela s’avère nécessaire (en cas de mésentente par exemple...). Attention : il s’agit bien de travailler collectivement en échangeant et en discutant afin de parvenir à un résultat commun ; il ne s’agit pas simplement de partager le travail en le divisant en autant de parties réalisées individuellement !

1.2.4. - Le déroulement d’une séance de TD : certains TD sont réalisables dans l’heure, d’autres nécessitent plusieurs séances, d’autres encore doivent être achevés à domicile et remis lors d’une séance suivante (cf. infra).

1.2.5. – Rôle du professeur : lors de ces séquences de TD, tantôt il s'adresse à l'ensemble de la classe pour donner les consignes générales, tantôt il joue le rôle d'auxiliaire "volant" et prend part aux groupes pour aider, conseiller, orienter les élèves.

1.2.6. - Evaluation des TDtous les TD (environ 6 à 8 par trimestre en série générale, entre 4 et 6 en STG/STT) sont évalués, notés collectivement (les membres d’un même collectif reçoivent évidemment la même note), coefficient 1. L'évaluation des TD n'a rien à voir avec les critères et les exigences qui sont ceux de la dissertation classique, travail difficile s'il en est et devant lequel tous les élèves - en fonction de leur cursus et divers autres facteurs – ne sont pas égaux. Les TD sont là aussi pour rétablir un peu d'égalité dans les études ! C'est la participation, la bonne volonté dans le travail qui sont valorisées tout autant (peut-être davantage) que l'excellence du résultat. Lorsque le travail est effectué en entier et en temps voulu, le groupe obtient un minimum de 10. La qualité, la pertinence, l'ampleur du travail se notent ensuite de 10 à 20 (10 à 12 : passable; 13 à 15 : bien; 15 à 17 : très bien ; 17 à 20 : excellent).

1.3.0. - Les devoirs surveillés

1.3.1. - Fréquence cela dépend des séries (et des possibilités offertes par l’établissement), en tout cas plusieurs par trimestre en série générale et au moins un par trimestre en série technologique. (On ne confondra pas les "Devoirs surveillés" proprement dits qui sont exclusivement des entraînements à la dissertation et à l'explication de texte et les simples "Contrôles de connaissances" portant sur le cours, exercices beaucoup plus courts. Voir supra.) Le coefficient des devoirs surveillés de type bac (examen d’essai compris) est de 3.

1.3.2. - L’apprentissage et la méthodologie - Selon le "Bulletin officiel" (Arrêté du 27 mai 2003, JO du 6 juin 2003 Cf. BO n°25 du 19 juin 2003) : "Les formes de discours écrit les plus appropriées pour évaluer le travail des élèves en philosophie sont la dissertation et l’explication de texte." Continuons : "La dissertation est l’étude méthodique et progressive des diverses dimensions d’une question donnée." Tandis que "L’explication s’attache à dégager les enjeux philosophiques et la démarche caractéristique d’un texte de longueur restreinte." Bien entendu nous expliciterons ces définitions et ces consignes dès les premières séquences TD de méthodologie. Dans le cas de la dissertation la difficulté consiste d’abord à bien comprendre la question et à identifier le problème, puis à “trouver des idées” comme on dit. De ce point de vue la fréquentation et le travail du cours constituent, au fond, la meilleure préparation aux dissertations, puisqu'on y apprend les différentes théories utiles pour traiter cette question : on ne peut pas tout inventer soi-même ! Après il faut savoir organiser ces idées pour parvenir à rédiger ce texte structuré et consistant qu’on appelle dissertation. C’est pour ce dernier aspect que les exercices de méthodologie s’avèrent effectivement indispensables. D’une façon générale, il faut bien réaliser que la pratique de la philosophie requiert un apprentissage : il est donc normal de ne pas savoir faire une dissertation en début d’année ! Plus généralement, si elle reste accessible à quiconque veut bien y mettre du sien, la pratique du philosopher n’est en rien un don ou une qualité innée !

1.3.3. - L’épreuve écrite du baccalauréat - Les devoirs surveillés préparent directement à l’épreuve écrite du baccalauréat (épreuves du premier groupe) et devraient se dérouler (normalement), dans les mêmes conditions. En philosophie, cette épreuve dure 4 heures. Il est demandé aux candidats de choisir entre 3 sujets : deux questions (dissertations) et une explication de texte d’auteur (ce texte fait généralement entre 10 et 20 lignes).

1.3.4. L'épreuve orale du baccalauréat - L'épreuve orale dite "de rattrapage" (épreuves du second groupe) au baccalauréat consiste exclusivement, pour la philosophie, en une explication de texte. L'épreuve dure 20 minutes après une préparation de la même durée. Dans les séries générales, ce texte est extrait d'une œuvre choisie par le professeur parmi les auteurs du programme, voire 2 œuvres en série L, ce qui doit donner lieu à une préparation spécifique dans l'année, c'est-à-dire en général : un cours d'introduction sur l'auteur et l'œuvre, et un nombre d'heures non négligeable consacré à la lecture et à l'explication des passages les plus importants. Dans les séries technologiques, les élèves présentent le plus souvent une liste de textes courts n'appartenant pas nécessairement au même auteur, textes ayant été là encore étudiés en classe.

Annexe : conseils pour l’épreuve orale d’explication de texte. D’abord pensez à vous munir de 2 exemplaires de l’œuvre mise au programme par votre professeur, dans le respect des références (édition, traduction, année) indiquées sur la liste. Après 20 mn de préparation pendant lesquelles vous ne disposez que du texte et de quoi écrire, vous devez en 20 minutes également (au minimum 10 mn d’exposé suivi d’un entretien avec l’examinateur) expliquer un passage de longueur variable. Cette explication peut être « linéaire », à condition qu’elle soit précédée d’une courte introduction, et ordonnée (faire un « plan » manifestant les étapes principales du texte). L’introduction consiste seulement à présenter le passage : inutile d’exposer la « pensée » et encore moins la « vie » de l’auteur, en revanche vous pouvez rappeler le titre de l’œuvre et sa thématique générale. Procédez immédiatement à la mise en contexte du passage à expliquer (qu’est-ce qui le précède, quelle est son importance dans l’ensemble de l’oeuvre). Enoncez ensuite le thème, la thèse et le problème précis du texte. Finissez en annonçant votre plan. – Attention, en 20 minutes de préparation vous n’aurez pas le temps de tout rédiger au brouillon : faites l’introduction et contentez-vous de préparer un schéma d’explication aussi précis que possible, en notant les idées principales. Comme à l’écrit, il convient d’éviter deux pièges liés à l’explication : d’un côté la paraphrase vide (vous vous contentez de citer ou de répéter le contenu du texte sans rien lui ajouter, ni développement ni questionnement), de l’autre le hors-sujet (vous vous méprenez sur le sens général du texte, ou bien même vous négligez d’expliquer le texte, préférant disserter oralement et librement à partir du sujet du texte). Ces deux erreurs de méthode pourraient vous être fatales !


2.0.0. - Le travail à domicile

2.1.0. - Travailler le cours

2.1.1. - Pourquoi le travail à domicile ? Les quelques heures passées ensemble en classe, entre le professeur et les élèves, ne suffiraient pas à préparer l’élève pour l’épreuve du baccalauréat. Elles ne suffiraient pas non plus pour satisfaire son - insatiable ! - soif de philosophie... Autrement dit, il faut que l’élève se donne du temps pour aborder cette matière exigeante qu’est la philosophie. L’élève a d’abord besoin de lire... puis d’écrire.

2.1.2. - Comment travailler le cours ? Le cours, c’est-à-dire les notes prises lors de la leçon et les textes ajoutés à ces notes doivent être relues plusieurs fois et... apprises ? On n’apprend pas “par coeur” des pages de philosophie, mais il est recommandé d’apprendre le plan détaillé de la leçon et au moins une phrase de synthèse pour chaque paragraphe du cours. C'est aussi une manière de constituer par avance des “fiches” de révision pour l’examen, tant il est vrai qu’il ne faut pas attendre la veille de l’examen pour travailler son cours !

2.1.3. Evaluation écrite liée au cours (voir aussi plus haut) - Les leçons donnent lieu régulièrement (1 ou 2 par trimestre) à des interrogations écrites ou "contrôles". En une heure, il faut être capable de restituer de mémoire certaines définitions, citations courtes, titres et sous-titres de la leçon, et d'autre part on posera des questions de compréhension simples, directement en rapport avec le cours.

2.2.0. - Travailler les TD

2.2.1. - C’est-à-dire ? Il s’agit de poursuivre les travaux commencés en séances de TD et non achevés. Ou bien il s’agit de travaux spécifiques qui ne peuvent être menés en classe car nécessitant l'accès à certaines ressources. Dans tous les cas, le travail continue d’être collectif, basé sur la coopération et l'échange, même lorsque chacun retrouve son domicile le soir. Les nouveaux moyens de communication permettent de passer outre ce détail...

2.2.2. - Sous quelle forme ? quelle présentation ? Pourquoi pas un blog de groupe ? Chaque groupe de 3 ou 4 élèves est invité créer un blog philosophique en utilisant la plate-forme internet de son choix (blogger par exemple) : pour ses rédacteurs ce sera à la fois un lieu d’expression (philosophique) personnalisé, et le lieu où seront présentés les TD donnés par le professeur. Les corrections de ce dernier se feront par conséquent directement en ligne sous la forme de commentaires. Ce blog peut être publié en mode public ou à l'inverse privé, ou encore mieux "public restreint" (ouvert au correcteurs et aux autres membres de la classe par exemple), ce choix restant libre.

2.2.3. - Utiliser la documentation en ligne. Les blogs et sites de philosophie ne manquent pas, et certains sont précisément destinés aux élèves. c’est le cas de notre blog “Apprendre la philosophie” dans lequel sont publiés ses versions longues de nos cours, augmentées de nombreux textes, documents, dossiers, vidéos... A ce propos notre page Facebook publique intitulée “La philosophie augmentée. Cours virtuel de philosophie” propose un ensemble encore plus étendu de ressources directement reliées au programme de terminale. L'adjectif "augmentée" se justifie, d'abord en raison des nombreuses ressources audio-visuelles et extraits cinématographiques proposés, ensuite par la récurrence de sujets touchant aux nouvelles technologies ou à la science-fiction (mondes virtuels, intelligence artificielle, réalité augmentée, etc…). L’avantage de Facebook est bien entendu de faciliter les discussions en ligne à propos de cette documentation ou de tout autre sujet philosophique, et aussi d'ouvrir la classe une communauté virtuelle de même profil (les lycéens bien sûr et toutes les personnes passionnées de philosophie).

2.2.4. - Des lieux virtuels pour regrouper la classe et communiquerLe Cahier de Texte Numérique, officiel et désormais obligatoire, trouve ici toute sa raison d’être. C’est le lieu où l’élève et ses parents peuvent consulter le cahier de texte de la classe, les notes, le plan du cours, les TD et les devoirs prévus, etc. Désormais il conviendra de le consulter fréquemment, quasiment tous les jours. Cependant d’’autres espaces virtuels peuvent être aménagés, et l’on peut envisager par l’exemple l’ouverture d’une groupe de classe sur Facebook pour faciliter les échanges publics ou privés (mais toujours à visée pédagogiques bien sûr) entre les élèves et le professeur, et aussi entre élèves. Autre manière de poursuivre la classe de philo en dehors des murs de la salle de classe !

Supplément. - Nous demandons en outre aux élèves de choisir librement et de lire un certain nombre d’ouvrages philosophiques ou d’« intérêt philosophique » (en plus des œuvres mises au programme d’oral) et d’en préparer un compte-rendu écrit et oral. Ce travail est personnel et évalué comme un TD. 3 ouvrages dans l’année en TL, 2 en ES, 1 en TS et séries technologiques.

2.3.0. - Des Devoirs maison individuels

2.3.1. - Des Devoirs-maison individuels, comparables aux Devoirs-surveillés en ce qui concerne le contenu, sont normalement prévus. L’élève dispose généralement d’une quinzaine de jours pour s’acquitter de son travail. Leur coefficient est de 2.

2.3.2. - Précaution. Il faudra se prémunir de la tentation d’utiliser les sources extérieures (livres, sites internet, corrigés) à mauvais escient ou dans un mauvais esprit... Clairement, si l'on peut utiliser toute la documentation à la laquelle on a accès grâce aux bibliothèques et grâce à internet, il faut éviter à tout prix le recopiage pur et simple ! S’il est requis de s'informer et donc de lire (en priorité les textes d’auteurs d’ailleurs), il est aussi formellement interdit de recopier. Ce serait constitutif d'une part de plagiat et d'autre part de tricherie. Tricherie qui serait immédiatement sanctionnée comme il se doit, d'autant plus qu'il est impossible de confondre, pour un correcteur même débutant, le "style" courant d'un élève et celui d'un professeur auteur de corrigés. D'autre part, s'il est facile de copier-coller à partir d'internet, il est encore plus facile aujourd'hui, grâce aux moteurs de recherche, de vérifier en quelques secondes l'existence d'une fraude ! Le professeur a accès à internet aussi facilement que l'élève et il est peut-être mieux informé que lui de ce qu'internet recèle en matière de ressources philosophiques… Quoi qu'il en soit, apprendre à utiliser des sources sans les recopier, cela constitue justement un exercice de traduction et de synthèse des plus formateurs.

En résumé (ex. d'une classe TL)


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Annexe :

Quelle est la particularité d'une leçon de philosophie ?
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Le cours de philosophe n'est pas tout à fait un cours comme les autres. Etant donné que sa finalité n'est pas – pas seulement – la transmission de contenus mais aussi l'apprentissage d'une réflexion vivante et pertinente, c'est-à-dire la formation progressive d'une certaine "compétence", il ne se réduit pas à un exposé neutre de type "encyclopédique". Il n'est pas inversement une libre discussion "de comptoir", un débat collectif informe ou encore un "délire personnel"… Le cours de philo est certes "personnel", davantage que tout autre peut-être, mais il devient collectif dès lors qu'il est partagé par un public (les élèves en l'occurrence). De plus il est évidemment structuré.

La leçon n'est guère différente de la dissertation, dans son principe, sauf qu'elle apporte un certain nombre d'informations et de références destinées à faciliter la compréhension (puisqu'elle s'adresse à un public d'élève : inversement la dissertation s'adresse au "maître").La leçon traite un problème, en rapport avec une ou plusieurs notions du programme, qui doit être identifié dans une introduction et traité dans un développement en plusieurs parties. D'abord elle est chapeautée par un titre sous forme de question. Puis l'introduction s'efforce donc de faire apparaître un problème, c'est-à-dire tout l'enjeu et l'ampleur philosophique de la question. Pour cela il faut s'interroger, et montrer que certaines affirmations communes – supposées évidentes – ne vont pas justement pas de soi...

Au niveau du développement de la leçon, pour chaque question, nous menons simultanément un double travail qui explique l'organisation en parties : à la fois nous consacrons chacune des parties à un aspect du problème, et nous réalisons que cet aspect des choses, lorsqu'il est pris comme mesure ou comme unique repère, correspond à un certain point de vue, à certaines thèses bien précises sur la question. Généralement, plus l'aspect ou l'angle de vision par lequel on considère les choses est étroit, plus les thèses sont tranchées, affirmatives, voire intolérantes. Bien souvent un point de vue paraît également correspondre à une période historique (par exemple, dire : "l'art imite la nature", c'est une thèse antique, indéfendable aujourd'hui). Dans une deuxième partie, nous changerons de point de vue tout simplement parce que nous nous concentrerons sur un autre aspect, une autre définition de la notion. Et ainsi de suite, jusqu'à ce que nous ayons le sentiment d'avoir fait le "tour de la question" et d'être en mesure d'y apporter une réponse, mais cette fois "en connaissance de cause", de façon réfléchie et argumentée. Ce sera l'objet de la conclusion : récapituler notre parcours, et répondre de manière précise mais nuancée.

Conceptualiser, Problématiser, Argumenter

La réflexion philosophique quelque soit sa forme (leçon, explication, dissertation…) fait apparaître trois opérations intellectuelles menées parallèlement, et ce sont ces compétences là qui sont à acquérir par l'élève (même si ce sont bien les connaissances – ne nous leurrons point – qui permettent cette acquisition). 1) Conceptualisation : ce sont des termes, du moins certains mots qui demandent à être conceptualisés, c'est-à-dire transformés en concepts par l'analyse méthodique de leurs significations. Cela implique à tout le moins qu'on ne se contente pas de leur sens "courant". 2) Problématisation : les affirmations (ou "thèses" ou "idées") que l'on avance à propos des choses en général, sont toujours contestables, et sont toujours contestées. Nous questionnons, nous nous interrogeons, jusqu'à ce qu'émerge un faisceau de questions cohérentes et complémentaires qu'on appelle la "problématique". 3) L'Argumentation, ce sont les différents moyens d'expression et de raisonnement qui seront utilisés pour défendre tour à tour les différents point de vue, mais pour s'orienter vers celui qui nous semble le plus juste : la thèse.